
L’intimité moderne veut qu’on se dise tout, qu’on n’aie pas de secrets l’un pour l’autre. L’intimité est devenue le laisser-passer qui nous permet de développer une relation basé sur la confiance et l’affection.
A l’ère de la communication , l’intimité a été redéfinie. Maintenant, nous la considérons comme un processus discursif, qui implique que nous parlions de nous-mêmes et que nous partagions, en toute confiance, les informations les plus privées et les plus personnelles. Parler et écouter, le destinataire est aimant, compréhensif, ne prote pas de jugement, ressent de l’empathie et nous approuve. Nous voulons être connus, reconnus et pleinement acceptés pour ce que nous sommes, qu’il y aie de la réciprocité. Une satisfaction affective mutuelle. Hommes et femmes ont bénéficié de ce changement.
Mais l’intimité des mots peut aussi être problématique, il y a d’autres façons de s’exprimer. Lorsque les mots disent peu sur soi, le corps devient un langage essentiel pour accéder à l’intimité émotionnelle. L’érotisme peut être utilisé comme moyen de restaurer la part de tendresse qu’on porte en nous. Les partisans de la discussion intime ont beaucoup de mal à reconnaître les autres langages de l’intimité : faire des choses agréables pour l’autre, avoir des gestes attentionnés ou des projets communs.
Des couples parlant une langue différente me comprendront, parce qu’ils ne peuvent pas parler la même langue ils ont utilisés d’autres moyens pour montrer à l’autre à quel point il leur plaisait : cuisiner ensemble, prendre des bains ensemble, aller à des expositions ensemble, danser ensemble….tout ce que nous ne pouvons pas exprimer avec la parole, on le montre.
Se confier sans retenue, avoir la capacité de dire la vérité sans rien cacher, ne favorise pas nécessairement une intimité harmonieuse et solide. Toute conduite excessive peut mener à des extrêmes ridicules, trop révéler de soi-même peut nous projeter en dehors de l’intimité.
La sphère de l’intime, quand elle s’étend trop loin, peut s’apparenter à de la coercition. Au lieu d’être invité, on exige un droit d’entrée, un accès illimité. Ce n’est pas un rapprochement mais une intrusion, une injonction. Le désir d’intimité peut conduire à imposer une réciprocité forcée pour conjurer la menace du rejet. Certaines couples confondent intimité et contrôle. Ils connaissent les moindres détails de la vie de l’autre, alors qu’ils n’ont pas eu une seule conversation significative depuis des années. Une telle transparence peut souvent signifier la fin de la curiosité. Lorsque l’envie de partager devient une obligation, que les frontières personnelles ne sont plus respectées, que seul l’espace commun est reconnu, cela signifie que la fusion a remplacé l’intimité et que la possession a pris le pas sur l’amour. C’est le baiser de la mort pour la sexualité, plus de mystère, plus de découverte.
La suprématie de la discussion enferme les gens dans une sexualité refoulée, et nie leur capacité à s’exprimer à travers le corps. Des fois, dans un couple, chacun parle un langage du corps différent, même qui s’opposent radicalement, selon les différents vécus de partenaires. Une de solutions est que chacun apprenne à parler couramment le langage de l’autre, mettre de l’imagination, ouvrir les possibles, en respectant les limites de chacun. Se donner la peine d’explorer une vie érotique, un nouveau territoire.
